| Abidjan,
le nom que porte la capitale économique de la Côte d’Ivoire
serait né, d’un quiproquo. Voilà ce que raconte la
légende ébrié relative à l’histoire
du village qui a donné son nom à la Ville d’Abidjan.
Un
vieil homme revenant de son champ les bras chargées de branchages
et branchages probablement destinés à la réfection
du toit de sa case, rencontra sur son chemin un explorateur européen
qui lui demanda le nom du village le plus proche. Le
vieil homme ne parlant pas la langue de l’homme blanc a cru comprendre
que celui-ci demandait ce qu’il faisait en ces lieux. Terrorisé
par cette rencontre inattendue, il s’en fuit en criant : «
n’tchan m’bidjan » ce qui signifie en langue ébrié
: « je viens de couper des feuilles ». L’homme
blanc crut avoir eu la réponse à sa question et consigna
consciencieusement sur son bloc-note « Abidjan ». Cette
ville n’était à l’origine qu’un petit
village de pêcheurs. Elle a connu en un demi siècle, une
croissance et un développement qui se confondent avec l’histoire
de l’expansion de la Côte d’Ivoire. C’’est
en 1900 qu’un choix de l’administration coloniale est venu
prédestiner Abidjan à l’évolution fulgurante
qui a fait aujourd’hui d’elle non seulement une grande métropole
moderne mais également un pôle de développement économique
de premier plan et une plaque tournante de l’Afrique de l’ouest. Le
Gouvernement Houdaille venait de réaliser cette année (
1900 ) au cours de ses investigations pour le projet de chemin de fer
prévu pour relier Bamako à l’Atlantique, que le plus
court chemin passait non pas par Dakar comme on l’avait cru de prime
abord, mais par la Côte d’Ivoire. C’est
ainsi que le site du Plateau fut choisi pour abriter le terminus de la
voie ferrée dont les travaux devaient entraîner dès
1903 l’établissement d’une colonie d’européens
et de travailleurs africains venus de l’intérieur du pays.
La vocation industrielle et commerciale d’Abidjan se fait jour.
Autour du rail se développent toutes sortes d’activités.
Jusque-là cependant c’est Grand-Bassam qui tenait le haut
du pavé avec son port, ses entrepôt et ses maisons de commerce.
Mais dès 1931, le wharf qui rythmait la vie économique de
cette ville après que la capitale administrative de la colonie
fut transférée à Bingerville. |