DECHETS TOXIQUES DANS LE DISTRICT D’ABIDJAN
Tout sur la position du District d'Abidjan
Depuis près d’un mois, les populations du District d’Abidjan sont victimes d’intoxication liée au déversement de déchets hautement toxiques sur plusieurs sites du District dont la décharge d’Akouédo.
Afin de donner sa position sur cet acte d’une ignominie inqualifiable, Monsieur le Gouverneur du District d’Abidjan a animé une conférence de presse le Mercredi 05 Septembre 2006 à partir de 10 H à la salle Delafosse de l’Hôtel du District. A cette conférence, toute la presse écrite et audio visuelle a été conviée.
Monsieur le Gouverneur a commencé son propos en regrettant ce qui se passe dans son district, en exprimant sa compassion et son soutien à toutes les victimes. Il a présenté ses sincères condoléances aux familles des défunts. Monsieur le Gouverneur s’est senti d’autant plus affligé que, en tant que administrateur de cité, son souci premier est le bien être de ses administrés. Lui qui a fait, son cheval de bataille la construction de centres de santé hautement équipés pour les populations dont il a la charge.
Comment un tel homme peut se rendre coupable d’acte allant dans le sens contraire de ses convictions.
CE QU’IL FAUT RETENIR, LE DISTRICT D’ABIDJAN, AVEC A SA TETE MONSIEUR LE GOUVERNEUR N’EST EN RIEN MELE AU SCANDALE DES DECHETS TOXIQUES. POURQUOI ?
Les responsables du navire Probo Koala ont envoyé un fax depuis Londres à Monsieur N’Zi Kablan, représentant la société WAIBS pour faire venir les déchets en Côte d'Ivoire.
Le manifeste du bateau transmis aux autorités portuaires et gouvernementales stipule que le produit transporté est très toxique. (Voir doc 7).
Comment le District a géré la crise :
Le District a adressé des courriers depuis le mois dernier à différentes autorités dont :
- Le ministère de l’économie et des finances pour attirer son attention sur le fait que la douane a laissé accosté sur nos berges un navire contenant des déchets toxiques
- Le ministère de la santé, pour voir avec lui les mesures à prendre pour les soins des administrés.
- Le Ministère de l’environnement pour actionner le plan ORSET pour gérer les catastrophes.
- Le port autonome d’Abidjan pour lui signifier son indignation et la responsabilité du PAA dans cet acte criminel malgré la présence de la police maritime et de tout son dispositif de sécurité. Le PAA a été invité à éclairer les populations sur la véracité des faits et à œuvrer de sorte que ce genre catastrophe ne se reproduise plus.
- Le Procureur de la République le 31 Août pour diligenter une enquête afin de situer les responsabilités. D’ailleurs, dès le lendemain, M. Le Procureur a donné des assurances que dans les jours suivants les premières arrestations se feraient.
Toutes ces actions ont été menées pour protéger la population.
Par ailleurs, il est important de souligner que le District d’Abidjan est compétent pour gérer que les ordures ménagères et non les déchets industriels à plus forte raison des déchets venants d’ailleurs.
Après l’éclatement du scandale, le District a mené ses enquêtes.
- Le Ministère de l’environnement est le seul habilité à délivrer des agréments en ce qui concerne les déchets industriels et de l’enlèvement des déchets à bord des navires. (Cf. voir décret).
- Pendant que le bateau sillonnait le golf de guinée, le Ministère des transports a accordé son agrément à la société TOMMY pour faire venir les déchets. le 12 Juillet et un mois plus tard le bateau de la mort a accosté aux larges de la Côte d’Ivoire. (Cf. voir l’arrêté 169).
- Un document émanant du Port Autonome d’Abidjan stipule que l’entrée de tout navire dans le Port d’Abidjan est soumise à autorisation notamment celle de la Capitainerie. Le District n’est donc pas habilité à délivrer une autorisation. (voir doc 3).
- Un document émanant du Ministère de l’environnement donne la chronologie des faits dans l’affaire du déversement de produits toxiques.
Dans ce doc, le District d’Abidjan n’est ni cité ni indexé. (Voir doc 4).
Le doc révèle que le déchargement du produit a duré plus de 30 heures et cela n’a attiré l’attention de personne. Le plan OFFSET n’a pas été actionné le District n’a pas été associé et on a laissé partir le navire.
Le Mercredi 23 Août 2006 une réunion est convoquée au CIAPOL à 10 H avec pour ordre du jour : remise de documents (agrément, autorisation ¨PAA, titre d’accès PAA, autorisation douane, reçu paiement agrément).
Il n’est nullement fait mention d’un document émis par le District d’Abidjan.
Alors d’où vient le District a donné une autorisation de déversement du produit.
Signalons que tout camion de transport voulant accéder au site de la décharge d’Akouédo est soumis à une procédure de pesage de son contenu. Procédure au terme de laquelle un ticket est émis pour les statistiques de tonnage afin de payer les prestations. Ce n’est un document émis en amont.
Et selon le ticket le camion qui transportait les produits a quitté la décharge à 20H11mn étant entendu que la décharge ferme à 22 H.
Le ticket de pesage n’est pas une autorisation. (Voir doc 8).
C’est ce ticket qui est utilisé contre le District comme pièce à conviction. D’ailleurs celui qui a été présenté à Monsieur le Gouverneur est un ticket falsifié. (Voir doc 9).
Après l’éclatement du scandale, le Ministère de l’environnement et des eaux et forêts adresse une mise en demeure au commandant du navire qui tout l’air d’être une incitation à la fuite. (Voir doc 5).
Le gouverneur du District d’Abidjan au cours d’un échange avec le Ministre de la santé et de l’hygiène publique lui a suggéré l’émission d’un mandat d’arrêt international pour mettre la main sur les propriétaires des produits. Ce qui n’a pas rencontré son adhésion.
De ce qui précède, il est aisé de conclure que le District n’est mêlé ni de près ni de loin au scandale de déchets toxiques.